Introduction : Au pouvoir depuis novembre 2025, le gouvernement de Rodrigo Paz (centre-droit) a fait face à une vague de sièges et de grèves qui ont paralysé le pays durant près de deux mois. En cause : la politique de suppression des subventions et de libéralisation impulsée par l’exécutif bolivien. Des barrages routiers, formés par des millions de paysans, pour la plupart indigènes, ont encerclé La Paz et se sont maintenus dans cinq des neuf départements de la Bolivie : Santa Cruz, Oruro, Potosí, Chuquisaca et Cochabamba. La revendication centrale des manifestants était claire : obtenir la démission du président. Si un accord a été trouvé entre les protestataires et le président, le mouvement est le symptôme d’une lame de fond qui continuera de parcourir la Bolivie….
Aujourd’hui, une partie de ces électeurs se disent trahis. Sur les barricades, beaucoup rappellent que c’est leur mobilisation qui a permis l’ascension de Paz, et affirment que l’heure est venue de le destituer. Fils de l’ancien président Jaime Paz Zamora (1989-1993), Paz a fait ses études à l’American University de Washington, et son gouvernement est composé de personnalités de l’establishment qui ont fait leurs armes au sein d’institutions internationales et dans le secteur privé…
Ses propos ont eu du mal à convaincre, tant le gouvernement de Paz semble reconduire les orientations néolibérales des administrations des années 1990 et 2000. Cette mobilisation s’inscrit ainsi dans une lignée de précédents marquants…
Un communiqué publié par le ministère argentin des Affaires étrangères, signé par le Chili, le Paraguay, le Guatemala, le Costa Rica, le Salvador, l’Équateur et le Pérou, a condamné les tentatives visant à déstabiliser « l’ordre démocratique » – c’est-à-dire le néolibéralisme militarisé sous l’égide des États-Unis. Le 21 mai, le « Bouclier des Amériques », la nouvelle coalition militaire mise en place par Trump, a également adressé une réprimande aux manifestants.