Sénat : une « anomalie démocratique » au pouvoir croissant
Introduction : Depuis la dissolution de 2024, le Sénat a retrouvé un rôle primordial dans l’architecture institutionnelle française. Mais sa composition très conservatrice, due à son mode de scrutin, en a toujours fait l’adversaire des grandes réformes républicaines, puis progressistes, ainsi que de la simplification du mille-feuille territorial. Le contexte actuel ravive donc le vieux débat autour de sa suppression ou de sa réforme… D’autre part, ces élections intéressent peu car leur résultat est très prévisible : la composition du Sénat change peu au fil du temps et la domination de la droite et du centre est quasi éternelle. .. le RN n’a pour l’instant que trois sénateurs –, reflet de sa force croissante à l’échelle locale. La France insoumise (LFI) espère entrer pour la première fois à la chambre haute, mais ce pari est incertain. Pourtant, ces deux partis représentent ensemble environ la moitié de l’électorat à la présidentielle, et leurs candidats, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, ont de bonnes chances d’être au second tour l’an prochain… Certains départements attractifs, comme la Loire-Atlantique, la Haute-Garonne et l’Hérault, devraient avoir droit à deux sièges de plus, tandis qu’une dizaine de départements de la « diagonale du vide », mais aussi Paris et la circonscription des Français de l’étranger, devraient en céder. Un problème bien connu des sénateurs, mais qui n’a toujours pas été réglé, chaque groupe craignant des pertes.