L'intelligence artificielle bouleverse la création musicale, soulevant des questions sur l'authenticité, le droit et l'avenir des créateurs. Des voix clonées aux chansons générées, elle force l'industrie à redéfinir les frontières entre humain et machine.
Introduction : Face à ces créations, les questions juridiques se posent avec acuité. Célia Zolynski, professeur en droit privé et sciences criminelles, rappelle que la voix d’une personne est protégée en tant qu’attribut de sa personnalité, qualifiée parfois “d’image sonore” par les juges, et sa diffusion suppose l’autorisation de l’individu, sauf exception comme la parodie. La diffusion trompeuse de “voice fakes” est même incriminée par le code pénal si elle n’est pas clairement identifiée comme un contenu manipulé. La voix est aussi une donnée personnelle, potentiellement biométrique. Au-delà de la voix, l’interprétation de l’artiste peut être protégée par le droit voisin si elle est originale. L’utilisation de la voix et du style d’un artiste connu pour une nouvelle chanson peut également constituer un acte de parasitisme ou de concurrence déloyale en exploitant indûment sa notoriété ou en créant un risque de confusion.