Introduction : Alors que l’Union européenne est d’accord pour dérèglementer les nouvelles techniques génomiques (NGT), les grandes firmes de semences multiplient les demandes de brevets. Un pas de plus vers la privatisation du vivant. En Europe, les brevets sur les plantes sont rares. Seules 2,35 % des variétés cultivées sont concernées, selon la base Pinto, qui recense les 5 500 variétés cultivées sur le vieux continent. « Jusqu’ici, la France et l’Europe ont toujours refusé les brevets, privilégiant le certificat d’obtention végétale (COV) qui permet notamment d’utiliser librement une variété dans un programme de sélection », dit Dominique Desclaux, chercheuse à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. Mais plus pour longtemps. La déréglementation des nouvelles techniques génomiques (NGT), validée le 9 décembre par l’Union européenne, ouvre la voie aux brevets en Europe….
Pour se faire une image des conséquences des brevets sur le marché européen, les OGM aux États-Unis sont un cas d’école. Ils ont contribué à augmenter le prix des semences et à accélérer la concentration industrielle, en particulier parce que les brevets permettent une situation de monopole aux détenteurs de ces droits, qui fixent les licences d’utilisation et leur prix, comme l’explique le dernier podcast d’InfOGM. Résultat, quatre géants de la chimie producteurs d’OGM ont avalé 60 % du marché des semences : Bayer/Monsanto, Syngenta/ChemChina, Corteva et BASF.