France

La fraude fiscale coûte 6 à 10 fois plus à la France que la fraude sociale

La fraude fiscale coûte 6 à 10 fois plus à la France que la fraude sociale

Introduction : Une obsession politique et médiatique. Depuis les années 1990, la France multiplie les débats, plans et projets de lois – le dernier a été adopté le 18 novembre dernier, le précédent datait de mai 2023 – contre la fraude sociale. Les bénéficiaires de prestations et indemnisations sociales (RSA, allocations familiales, indemnisation chômage…) ont petit à petit été érigés non seulement en “assistés” mais aussi en tricheurs en puissance. Sous prétexte de lutte contre les abus, ces derniers sont ainsi de plus en plus stigmatisés et sont même contrôlés avec des moyens sans cesse plus perfectionnés. Cette attention et cette surveillance renforcées sont injustes et détournent des vrais enjeux. Car en matière de fraude, les riches, les entreprises, les micro-entrepreneurs et les professionnels de santé font largement pire que les bénéficiaires des prestations sociales. D’après notre analyse, la fraude fiscale est six à dix fois plus importante que la fraude sociale. De quoi sérieusement questionner les priorités médiatiques et politiques.

Marseille : une ville qui se fragmente par la multiplication des quartiers fermés

Marseille : une ville qui se fragmente par la multiplication des quartiers fermés

Introduction : En l’espace de trente-cinq ans, Marseille a profondément changé de visage. Longtemps perçue comme une ville ouverte elle est aujourd’hui l’une des métropoles françaises où les quartiers résidentiels fermés, ces ensembles dont les rues et espaces extérieurs sont interdits aux non-résidents, se sont le plus diffusés. Fin 2023, 34 % des logements marseillais se trouvaient dans ce type d’ensemble résidentiel, révélant une transformation urbaine majeure.

Bolloré, Cnews : on décrypte le pire des médias avec Kevin Razy

Bolloré, Cnews : on décrypte le pire des médias avec Kevin Razy

Introduction : Dans ce nouvel opus de « L’oeil de MouMou », notre chroniqueur Mourad Guichard s’est penché sur l’actualité de la semaine, notamment marquée par le numéro de « Complément d’enquête » consacré à CNews. L’ensemble des Top et des Flop a pu être commenté par son invité, le comédien et humoriste Kévin Razy, par ailleurs intervenant sur Le Média TV. L’un d’eux a été consacré à Frantz-Olivier Giesberg, « l’oncle des repas de réveillon », délicieusement misogyne, méprisant, mufle et goujat. Au cours d’un échange en plateau, il s’en est pris à la députée Sandrine Rousseau en mettant en doute ses compétences en économie alors qu’elle est diplômée en la matière. Mourad Guichard est également revenu sur les interventions diverses et variées confinant au révisionnisme. Au motif de vouloir défendre l’état génocidaire israélien, plusieurs chroniqueurs en sont venus à comparer le soutien au peuple palestinien à des pogroms et même à la Shoah.

**Cash Investigation** : des centaines de millions d'euros d'argent public à l'origine de l'empire de Bernard Arnault

**Cash Investigation** : des centaines de millions d'euros d'argent public à l'origine de l'empire de Bernard Arnault

Introduction : “Cash Investigation” révèle la manière dont Bernard Arnault a pu s’emparer, à ses débuts dans les années 1980, du groupe de textile Boussac et de sa pépite, Dior, grâce à l’aide de l’État et à des centaines de millions d’euros de subventions publiques. Le montant n’avait jusque-là jamais été révélé. Une enquête à voir le 4 décembre 2025, sur France 2. .. On y apprend notamment que l’entreprise des Arnault, qui se prénomme à l’époque Ferinel, a acheté le groupe Boussac pour 400 millions de francs, l’équivalent de 133 millions en euros constants. Quant aux aides de l’État, elles s’élèvent à 633,1 millions de francs, l’équivalent de 211 millions en euros constants. Ainsi, pour bâtir son empire, Bernard Arnault a reçu plus de subventions que ce que lui a coûté l’entreprise. Le brillant financier semble avoir fait une excellente affaire.

Banderole féministe retournée par des policiers : l’institution fait semblant de condamner

Banderole féministe retournée par des policiers : l’institution fait semblant de condamner

Introduction : Se prendre en photo avec du matériel retourné est, en effet, une pratique connue des milieux hooligans et ultra. Le principe est simple : les groupes de supporters ont comme objectif de voler le matériel des groupes « ennemis », afin de les exhiber retournés, comme des trophées, en tribune ou sur des photos de groupes, dans lesquelles ils apparaissent encagoulés pour se prémunir de la répression dont ils sont victimes. Habitude réappropriée, donc, cette fois, par des forces de « l’ordre », alors même que dans la culture hooligan et ultra, l’institution policière est loin d’être appréciée : elle est celle qui assure leur répression.

Politique : le ministre de l'Intérieur porte plainte après la commercialisation d'un jeu de société antifa baptisé **Fachorama**

Politique : le ministre de l'Intérieur porte plainte après la commercialisation d'un jeu de société antifa baptisé **Fachorama**

Introduction : L’éditeur défend “un outil pédagogique visant à montrer de façon ludique que l’extrême droite a bien des visages”. .. Parmi les cartes de ce jeu des 7 familles revisité, créé par le collectif antifasciste La Horde et diffusé par la maison d’édition Libertalia, figure la carte “flic raciste de la BAC”. La description indique : “Contrôles au faciès, destruction de camps de migrant-es, violences sécuritaires : s’il ne fait qu’accompagner le racisme d’État, il a à cœur de faire du zèle dans chacune de ses missions. Normal, il fait partie des 60% de policiers qui votent à l’extrême droite !”.

Mistral 3 : une IA française taillée pour les smartphones, les drones et les voitures

Mistral 3 : une IA française taillée pour les smartphones, les drones et les voitures

Introduction : Mistral fait entendre sa petite musique. Plutôt que d’essayer de rivaliser avec les grands acteurs américains de l’IA, la start-up française a pris un chemin de traverse en proposant une alternative aux modèles IA dominants. La nouvelle livraison Mistral 3 veut ainsi s’adapter aux appareils et fonctionner en local, que ce soit dans des smartphones, des PC, des voitures ou même des drones.

**C'est banalisé de le faire sans se protéger** : comment les lycéens sont incités **sur les réseaux sociaux** à des pratiques sexuelles risquées

**C'est banalisé de le faire sans se protéger** : comment les lycéens sont incités **sur les réseaux sociaux** à des pratiques sexuelles risquées

Introduction : À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, lundi, Sidaction révèle une percée alarmante des discours masculinistes auprès des hommes en France. Des discours propagés sur les réseaux sociaux, qui touchent essentiellement les 16-34 ans. .. Ne pas mettre de préservatif au risque d’être moins viril, c’est ce que prônent sur les réseaux sociaux certains influenceurs masculinistes. Des contenus qui pullulent et incitent directement les jeunes à avoir des pratiques sexuelles à risque selon le Sidaction. D’après un sondage OpinionWay commandé par l’association et publié lundi 1er décembre, un jeune de 16 à 34 ans sur trois consulte des contenus masculinistes sur les réseaux sociaux.

Bardella « agressé » : les médias et le RN nous roulent dans la farine

Bardella « agressé » : les médias et le RN nous roulent dans la farine

Introduction : La double « attaque pâtissière » contre Jordan Bardella a été montée en épingle comme un signe inquiétant de violence politique. Farine à Vesoul, œuf à Moissac : deux gestes symboliques, pourtant anciens dans la culture contestataire française. Mais les réactions ont pris des allures de crise nationale. Les auteurs sont arrêtés et poursuivis sévèrement pour l’un, tandis que Bardella et son camp accusent “l’extrême gauche” et agitent l’idée d’un climat d’hostilité politique contre la droite. Ironique, quand on sait que des élus comme Yannick Morez, Manuel Bompard ou Sandrine Rousseau subissent menaces de mort, incendies criminels ou agressions sans susciter la moindre émotion officielle. La tradition française de l’entartage devient soudain un enjeu de sécurité nationale… mais seulement quand elle vise le RN. Deux poids, deux mesures, version pâte à crêpes.

Comment la stratégie française anti-inflation a fait dérailler la dette

Comment la stratégie française anti-inflation a fait dérailler la dette

Introduction : La Cour des comptes décortique les effets de la riposte française à l’inflation en 2022-2023. Le choix d’une politique massive et non ciblée, chiffrée à 81 milliards d’euros d’aides cumulées, a provoqué un creusement historique du déficit public de 47 milliards en 2023, au lieu de le résorber… La Cour des comptes propose une feuille de route implicite. Pour rétablir la crédibilité budgétaire et corriger la trajectoire d’endettement, dit-elle, les pouvoirs publics doivent impérativement renoncer à l’universalité des aides et se recentrer sur un ciblage strict des ménages et des entreprises les plus exposés aux hausses de prix. Ils doivent en outre procéder au retrait rapide des subventions énergétiques prolongées en 2024 et s’aligner sur le principe d’un soutien temporaire, permettant ainsi de juguler l’aggravation durable du déficit.

Le 20h de Salamé : l’info en mode zapping

Le 20h de Salamé : l’info en mode zapping

Introduction : La combinaison quasi systématique de trois biais – absence de contextualisation, mise en scène spectaculaire et dépendance aux sources policières et/ou judicaires – contribue à imposer un cadrage largement sécuritaire de ce type d’« actualités », lequel prédomine également dans la couverture des mobilisations sociales… Le suivisme à l’égard du pouvoir continue lui aussi d’aller bon train. Concernant les débats autour du budget par exemple, seule la vision de l’exécutif a eu droit de cité. … Si la pauvreté est évoquée ici ou là (de manière superficielle), elle est surtout « naturalisée » : les sujets en question ne portent jamais sur les causes de ces problèmes et s’accompagnent encore moins d’une remise en question des acteurs et des politiques qui en sont responsables… Quel que soit l’angle par lequel on observe le traitement des questions économiques et sociales, un seul constat s’impose : sans grande surprise, le prêt-à-penser néolibéral triomphe dans la grand’messe du 20h, qui n’hésite pas à recourir aux pires clichés de l’idéologie dominante.

Sophie Binet annonce sa mise en examen après avoir comparé des grands patrons menaçant de délocaliser à des **rats** qui **quittent le navire**

Sophie Binet annonce sa mise en examen après avoir comparé des grands patrons menaçant de délocaliser à des **rats** qui **quittent le navire**

Introduction : La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a été mise en examen après avoir comparé des grands patrons menaçant de délocaliser à des “rats” qui “quittent le navire”, révèle-t-elle mardi 2 décembre sur France Inter. Fin janvier, elle avait réagi aux propos du patron du groupe LVMH, Bernard Arnault, qui estimait que le projet de surtaxe du gouvernement “poussait à la délocalisation”, en estimant que “ses propos sont à l’image du comportement des grands patrons aujourd’hui qui coulent le pays”, qui “n’en ont plus rien à faire de la France (…). Moi, j’ai envie de dire : les rats quittent le navire.”

Témoignage. Femme et militaire : « Notre expérience est assez proche de celle des prisonniers »

Témoignage. Femme et militaire : « Notre expérience est assez proche de celle des prisonniers »

Introduction : On aura jamais autant entendu parler l’armée. La menace russe, le retour du service militaire (volontaire), le sacrifice des « enfants ». Mais dans ce brouhaha va-t-en-guerre, demeure encore quelques muettes : les femmes militaires, pourtant de plus en plus nombreuses. Deux ans après le MeToo des armées, « Charlie » a recueilli le témoignage de Léa, peu optimiste sur la fin des violences sexistes et sexuelles dans l’armée.

Le Conseil des prélèvements obligatoires propose un « big bang fiscal » sur le patrimoine

Le Conseil des prélèvements obligatoires propose un « big bang fiscal » sur le patrimoine

Introduction : Le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) a remis un rapport proposant un vaste remaniement de la fiscalité des hauts patrimoines en France. Le document préconise la création d’un Impôt différentiel sur la fortune personnelle (IDFP), agissant comme un impôt plancher pour les plus aisés. Il suggère également une réduction de l’avantage fiscal du pacte Dutreil de 75 % à 50 % sur la transmission d’entreprise.

Sous les dons, la débâcle : comment la fast-fashion asphyxie les ressourceries

Sous les dons, la débâcle : comment la fast-fashion asphyxie les ressourceries

Introduction : « Le problème ne date pas d’hier : il est lié à l’essor de la fast-fashion à partir des années 1980. Nous recevons d’ailleurs beaucoup plus d’habits issus de cette catégorie-là, qui sont produits dans des conditions environnementales et sociales globalement tout aussi désastreuses que ceux de l’ultra-fast-fashion », affirme Natacha, qui travaille elle aussi à la Collecterie. Les bacs en témoignent : dans les dons récupérés, la fast-fashion est largement plus représentée que l’ultra-fast-fashion. « C’est aussi cela que l’on souhaite montrer avec cette opération : ne s’attaquer qu’à Shein, qui concentre beaucoup d’attention ces derniers temps, ne sert à rien », développe Pierre Condamine, chargé de campagne aux Amis de la Terre. Si Shein est aujourd’hui sous le feu des projecteurs, toutes les marques de fast-fashion classique qui ont des magasins en France depuis des années font également partie du problème, rappellent les participants à l’action. © Mathieu Génon / Reporterre

Voilà pourquoi la coalition Stop Fast Fashion, à laquelle appartient l’ONG, appelle à l’adoption « rapide » de la loi anti-fast-fashion « visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile ». Et ce, dans une version beaucoup plus « ambitieuse » que celle votée par le Sénat en juin 2025. Une loi à retravailler

Cette loi se concentre sur l’ultra-fast-fashion, alors que le texte initial s’attaquait de façon plus large à la fast-fashion et a fortiori aux enseignes européennes. Le projet ayant reçu un avis réservé de la Commission européenne — plusieurs dispositions étant a priori contraires au droit européen —, une commission mixte paritaire doit se réunir en France au premier trimestre 2026 pour retravailler cette proposition de loi.

« Il y a un rapport de force qui se crée entre l’État français et l’Union européenne, où les lobbies de la fast-fashion se sont beaucoup activés — malheureusement, cela a également été le cas au Sénat. Nous essayons donc d’interpeller le gouvernement afin qu’il se batte contre la Commission européenne », ajoute Pierre Condamine. En seulement une semaine, 180 kilos de vêtements de mauvaise qualité issus de la fast-fashion ou de l’ultra-fast-fashion reçus sont de trop piètre qualité ou en trop piètre état pour être réutilisés tels quels. © Mathieu Génon / Reporterre

En attendant, un ultime caddie rempli de vêtements arrive au stand monté par la coalition. Un dernier tri plus tard, le verdict tombe : parmi les dons reçus par la Venelle en l’espace d’une semaine, 180 kg de vêtements issus de l’ultra-fast-fashion et de la fast-fashion — trop abîmés et/ou de trop mauvaise qualité — ne pourront être revendus.

Ceux-ci seront recyclés en chiffons ou en isolant — en moyenne 30 % d’entre eux —, seront exportés dans des pays africains — même si le continent préfère désormais racheter les textiles des pays asiatiques — …ou finiront incinérés.

On ne va pas vous le cacher : à Reporterre, on est inquiets. Les gouvernements se succèdent, la confiance s’effrite, le débat public se polarise : tout semble instable. Le vent peut tourner très vite. Et quand l’extrême droite arrive au pouvoir, les médias indépendants en sortent rarement indemnes.

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Quotidien

Black Friday : les Français tentés, mais pas dupes

Aya Nakamura, De Villiers : ces archives qui révèlent le projet inquiétant du RN

Aya Nakamura, De Villiers : ces archives qui révèlent le projet inquiétant du RN

Introduction : Dans ce nouvel épisode de la VAR politique, Nabil Touati décrypte la guerre culturelle lancée par le Rassemblement National. Derrière les coupes budgétaires prévues pour le Centre national du cinéma (CNC) ou la musique (CNM), se cache un projet de contrôle idéologique total. La chronique expose le deux poids, deux mesures flagrant du parti. Le RN prétend ne pas être “censeur” mais s’attaque violemment à Aya Nakamura pour ce qu’elle représente. Pire encore, il instrumentalise de fausses accusations de pédophilie pour censurer une artiste contemporaine (Miriam Cahn), tout en citant avec admiration l’écrivain pédophile Gabriel Matzneff, jugé idéologiquement compatible.