Introduction : Stephen Miller organise ses conférences téléphoniques à 10 heures tous les matins, même le samedi, pas tant comme un conseiller gouvernemental que comme un général de temps de guerre. Il est la voie dominantes dans les débats, jouant le rôle d’intimidateur, d’inquisiteur et de tyran. Il n’accepte aucune excuse et ne tolère aucune dissidence. Le chef de cabinet adjoint chargé des politiques de Donald Trump poursuit sans relâche la vision du président, en particulier lorsqu’il s’agit d’expulser les immigrants du pays, et il dirige des réunions rigoureuses et efficaces. Le consensus n’est pas l’objectif. Au lieu de cela, Miller exige des rapports d’étape sur sa campagne de déportation massive et donne des ordres à toute la panoplie d’agences fédérales chargées de l’application de la loi, notamment le FBI, le CBP, l’ICE, le HHS et le DOD. Un haut fonctionnaire qui a participé à ces appels nous a confié que l’intensité et l’urgence de ceux-ci tournent souvent à l’intimidation. « Il pousse tous ses collaborateurs dans leurs derniers retranchements, car il sait que le temps presse, explique cette personne. Il passe son temps au téléphone à hurler sur tout le monde. Personne n’est épargné par sa colère »…
Pour ses détracteurs, Miller incarne avec son sourire narquois tout ce qu’ils considèrent comme dangereux et autoritaire dans l’administration Trump. Il a été qualifié de nazi, de néonazi, de suprémaciste blanc, de kapo et de Lord Voldemort. Des affiches de Miller, les lèvres pincées et le front plissé, ont été placardées partout dans la capitale nationale, avec les mentions « CREEP » (monstre) et « FASCISM AIN’T PRETTY » (le fascisme ce n’est pas joli). Son propre oncle l’a dénoncé, écrivant à un moment donné que si les politiques d’immigration de Miller avaient été appliquées il y a un siècle, leur famille, qui avait fui les pogroms anti-juifs en Europe, « aurait été exterminée ».