L’Union européenne, obstacle ou sous-marin pour l’internationale trumpiste ?
Introduction : L’extrême droite gouverne déjà plusieurs pays, domine la vie politique dans d’autres et influence désormais les principales décisions de l’Union européenne. Les partis conservateurs traditionnels abandonnent progressivement le « cordon sanitaire » qui les séparait des mouvements à leur droite, et construisent avec eux des majorités parlementaires de plus en plus systématiques. Au sein de l’Union européenne, Ursula von der Leyen s’appuie désormais sur le groupe parlementaire dirigé par Giorgia Meloni, qui progresse jusque dans l’antre de la Commission. Dans le même temps, Donald Trump, lui, ne cache pas sa volonté de soutenir une extrême droite européenne qui lui est vassalisée, malgré toute sa rhétorique souverainiste. Analyse de ces recompositions, à l’heure où la question européenne a quasiment disparu du débat public [1]… Ainsi, il ne cache nullement sa volonté de recomposer l’ordre politique européen et de promouvoir un bloc international articulé autour du trumpisme – au service des entreprises privées américaines…. Au sein du Parlement européen, les trois groupes parlementaires d’extrême droite totalisent 196 élus : ECR, le groupe autour de Meloni au PE compte 84 parlementaires [5], le groupe des Patriotes pour l’Europe de Marine Le Pen et de Viktor Orbán en a 85 [6] et le groupe de l’Europe des Nations Souveraines formé autour de l’AFD d’Allemagne en a 27 [7]. Si ces trois groupes s’unissaient, l’extrême-droite serait en première position dans le Parlement européen avec 196 parlementaires, soit 12 élus de plus que le groupe le plus important dans le Parlement – le groupe conservateur, lui-même de plus en plus à droite, du Parti Populaire européen.
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