« C’est du cynisme à l’état pur » : Bayer vend des produits cancérogènes... et des médicaments contre le cancer
Introduction : La firme tire sa puissance d’une stratégie morbide : elle vend des pesticides susceptibles de donner le cancer et des médicaments pour le soigner. Le 25 juin, la Cour suprême des États-Unis a tranché en sa faveur en bloquant des milliers de plaintes sur le risque de cancer lié au Roundup. Enquête au cœur de son lobbying en Europe… L’ancêtre de Bayer a aussi fourni le mortel Zyklon B à destination des chambres à gaz du camp d’extermination. Il a également fabriqué de l’agent orange, arme chimique utilisée par les États-Unis pendant la guerre du Vietnam… Devant le siège de l’European Federation of Pharmaceutical Industries and Associations (Efpia), le lobby de Big Pharma à Bruxelles, Hans van Scharen ironise : « Voici une belle brochette. » Il désigne les plaques argentées où se succède le nom d’entreprises surpuissantes aux côtés du sigle du groupe de pression : Microsoft, mais aussi Philip Morris. Le cigarettier est le maître à penser du lobbyisme en tant qu’inventeur de la fabrique du doute, appliquée à la lettre par Bayer, comme l’ont montré les « Monsanto Papers », qui ont révélé des conflits d’intérêts, des fraudes scientifiques ou encore des pressions exercées contre des scientifiques… Bayer sait choisir ses alliés, il en est l’un des influents membres. « Voici le vrai gouvernement de l’Europe, s’exclame Hans van Scharen devant le gratte-ciel. L’industrie chimique est à l’origine de toutes les industries qui en ont besoin pour fabriquer quoi que ce soit. Le narratif du Cefic est de répéter que si son business est menacé sur le continent par une réglementation trop stricte, toute l’économie va sombrer, et cela fonctionne. L’ensemble de son programme est appliqué à la lettre par la Commission européenne, au détriment de la protection de la santé des Européens exposés aux produits chimiques. »