IA : les groupes européens se méfient de Washington… mais se tournent vers les modèles chinois

Introduction : Les nouvelles restrictions américaines sur certains modèles d’IA pour les étrangers poussent Siemens, Orange, Renault ou ChapsVision à revoir leur copie : pour réduire le risque politique et la facture, ces groupes combinent modèles américains, européens… et chinois, à condition qu’ils tournent sur des serveurs européens… Le pivot discret vers les modèles chinois « open-weight » (c’est-à-dire dont les paramètres internes appris lors de l’entraînement, sont rendus accessibles publiquement) est sans doute le signal le plus dérangeant pour les capitales européennes. DeepSeek et Qwen, proposés en « open weight », permettent aux entreprises de télécharger les paramètres du modèle et de l’exécuter sur leurs propres serveurs. Aux yeux des services informatiques des entreprises, cela change tout : tant que les données ne sortent pas d’Europe et que l’exécution reste sous leur contrôle, le risque principal ne vient plus de Pékin, mais de la dépendance contractuelle à des API américaines soumises au droit extraterritorial.

Note du rédacteur : On redécouvre l’intérêt de l’hétérogénéité maîtrisée" portée par quelques personnes anticipant ce type de risque dès 2006 au Ministère de la Défense (Directive n°001 « Directive sur les logiciels » du 17/10/2006). Politique reprise en 2019 : https://www.april.org/sites/default/files/politique-logicielle-DGNUM-2019.pdf (page 8/24)

https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/77760650172384/ia-les-groupes-europeens-se-mefient-de-washington-mais-se-tournent-vers-les-modeles-chinois