Comment l'Argentine se vend à Peter Thiel et à la Silicon Valley
Introduction : « You Shall Not Pass » : en août, des manifestants déguisés en Gandalf, célèbre personnage du Seigneur des Anneaux, se sont postés devant la résidence de Peter Thiel à Buenos Aires. Ils refusent que leur pays serve de laboratoire aux milliardaires de la Silicon Valley. Le cofondateur de Palantir a en effet trouvé en Javier Milei un allié qui bâtit un arsenal légal sur mesure pour la tech et les industries extractives, et renforce la surveillance…. Ce sont les technologies de Palantir qu’ont employées les États-Unis dans les opérations de l’ICE sur le sol étasunien. Palantir a également conclu en janvier 2024 un partenariat stratégique avec le ministère israélien de la Défense pour des « missions liées à la guerre »… Même si les chiffres de la Casa Rosada sont régulièrement surestimés, le succès de cette campagne de captation de financements est réel et principalement lié à l’arsenal législatif construit sur mesure, non seulement pour Peter Thiel, mais pour attirer les techno-capitalistes et les entreprises extractivistes. Depuis l’élection de Milei, c’est un « pack » de lois que le Congrès et le Sénat argentins se sont vu soumettre — dont certaines, à ce jour, sont encore en débat —, qui comprennent des dispositions allant d’exonérations fiscales de longue durée, la facilitation de l’acquisition de terres ou encore une exemption pure et simple de toute responsabilité humaine à travers une loi sur les « sociétés automatisées. » À la clé, le cadre lève un ensemble d’obstacles et de limitations juridiques, écologiques ou fiscales aux entreprises, faisant de l’Argentine un Eldorado néocolonial.