Le siècle du « rêve chinois »
Introduction : Après le « siècle de l’humiliation » puis les erreurs de Mao Zedong, la Chine a finit par rattraper son retard de développement sur l’Occident à une vitesse incroyablement rapide. Après l’urbanisation de masse, la maîtrise de toutes les filières industrielles et la fin de l’extrême pauvreté, l’Empire du milieu entend désormais être une « civilisation écologique » et a réalisé de vrais progrès en ce sens. Si les critiques occidentales sur le manque de libertés et l’aliénation sociale restent vraies, l’expression de « rêve chinois » n’est pas infondée. Pour le journaliste allemand Fabian Scheidler, il est temps de s’intéresser réellement à la Chine, au-delà des clichés, et de comprendre en quoi consiste le « socialisme aux caractéristiques chinoises »…. Le fait que le gouvernement ait mis un frein aux agissements du puissant dirigeant d’Alibaba est révélateur des relations entre l’État et les grandes entreprises en Chine. C’est le cas depuis bien avant la fondation de la République populaire. Même à l’époque des dynasties, les empereurs et leurs fonctionnaires cherchaient à empêcher que le pouvoir des marchands ne grandisse au point de pouvoir ébranler l’autorité de l’État. Cela se reflète également dans l’idéologie d’État confucéenne, qui joue à nouveau un rôle majeur en Chine aujourd’hui. Si la Chine a pu changer de cap après les excès du « turbo-capitalisme » de l’ère Deng pour ancrer plus fermement le bien commun dans ses politiques, c’est uniquement parce que l’État n’a jamais renoncé à son contrôle sur les secteurs clés que sont le foncier, le secteur bancaire, l’énergie et les infrastructures. Cela permet au gouvernement de s’engager dans une planification à long terme et de mettre en œuvre des décisions stratégiques – contrairement à l’Occident, où, à la suite d’une privatisation à grande échelle, les États et les sociétés sont devenus les jouets des marchés financiers.
Extrait : Mais cette grandeur n’était pas, et n’est pas, fondée sur la domination mondiale, comme ce fut le cas pour la prétention occidentale à l’hégémonie au fil des siècles. La Chine n’a jamais bâti d’empire colonial, bien qu’elle en eût eu les moyens. Après tout, elle possédait autrefois de loin la plus grande flotte du monde et avait accès à la poudre à canon plusieurs siècles avant les Européens. L’Empire du Milieu fondait sa puissance sur le commerce, et non sur la conquête militaire du monde.