Maroc: comment le pouvoir musèle les journalistes indépendants et piétine la liberté de la presse
Introduction : Bâtons dans les roues des titres indépendants, poursuites judiciaires sur la base d’accusations douteuses de crimes sexuels, lourdes condamnations puis grâces royales: le royaume développe une stratégie complexe pour réduire au silence les dernières voix dissidentes, tout en ménageant son image sur la scène internationale… À la fin du mois de mars, le rappeur Souhaib Qabli, alias Al-Hassel, a justement été condamné en première instance à huit mois de prison ferme et à une amende de 1.000 dirhams (environ 90 euros) pour «outrage à une personne morale de droit commun» et «outrage à une institution constitutionnelle». Dans ses morceaux, il dénonce la corruption, l’injustice sociale et –plus sensible encore– la normalisation des relations entre le Maroc et Israël, voulue par le roi Mohammed VI pour obtenir la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental par les États-Unis, en décembre 2020.