Au Sénégal, l’homophobie d’État sert à couvrir les faillites politiques
Introduction : Le Sénégal s’enfonce dans une périlleuse crise de la dette publique, tandis que ses étudiants protestent contre les violences policières. Malgré ces urgences sociales et économiques, une loi a été votée qui durcit pénalement la répression de l’homosexualité. Pour la chercheuse en études féministes africaines Rama Salla Dieng, par cette loi, il s’agit surtout de “gouverner et surveiller les corps des plus vulnérables quand on ne peut gouverner autre chose”… Les paiements de la dette extérieure consomment désormais plus de 50 % des recettes publiques. Rien qu’en mars, ce même mois où la loi antihomosexualité a été adoptée, le gouvernement a versé 471 millions de dollars [409 millions d’euros] à ses créanciers internationaux, tout en supprimant 19 agences d’État et en laissant les bourses étudiantes impayées… Reuters a révélé que les partisans sénégalais de la législation anti-LGBTQI étaient en contact direct avec MassResistance, organisation états-unienne établie dans le Massachusetts qui décrit l’homosexualité comme une menace sanitaire et qui conseille depuis des années des militants africains.