Au Liban, d’une guerre coloniale à l’autre et du droit de résister

Introduction : Dans la nuit du 1er au 2 mars 2026, après quinze mois d’arrêt de ses activités militaires, le Hezbollah a pris la décision de tirer une salve de roquettes vers la Galilée. Aussitôt, l’État israélien est monté en escalade en bombardant le sud du pays ainsi que la banlieue sud de Beyrouth. Comprendre cette nouvelle guerre au Liban nécessite de la réinscrire, d’une part, dans l’histoire du pays et de la région, et, d’autre part, dans son contexte immédiat, en prenant au sérieux les acteurs engagés. Cela requiert également de se défaire des systèmes d’évidence du discours dominant en Occident sur le conflit avec Israël tout comme du narratif d’une partie du champ politico-médiatique libanais proche des options occidentales. .. Or, si le Hezbollah a des liens étroits avec la République islamique d’Iran, aussi bien les raisons de son émergence que son agenda politique constant et sa sociologie interne sont ancrés au Liban et tournés vers le Liban, ainsi qu’une littérature l’a amplement documenté[1]. C’est en effet dans le creuset de la lutte contre l’occupation israélienne du Liban en 1982 (qui avait commencé au Sud Liban en 1978) que le Hezbollah trouve ses racines. Des groupes et individus de sensibilités diverses – certains issus d’une scission avec le mouvement chiite Amal, d’autres de la région de la Bekaa majoritairement chiite – s’engagent spontanément dans la résistance à l’invasion israélienne. À cette époque, la résistance a pour acteur moteur la gauche libanaise qui avait fondé le Front de la résistance nationale libanaise (dont l’acronyme en arabe est Jammoul) au moment de l’invasion israélienne de Beyrouth.

https://www.contretemps.eu/liban-guerre-coloniale-droit-resister/