Le Shah d’Iran : le modernisateur qui creusa lui-même sa tombe

Introduction : Intronisé à 21 ans dans un pays occupé par les grandes puissances, Mohammad Reza Pahlavi aura régné trente-huit ans sur l’Iran, transformant son pays en une puissance régionale moderne mais autoritaire, avant d’être balayé en 1979 par une révolution qu’il n’avait pas su voir venir. Portrait d’un monarque tiraillé entre l’ambition de la grandeur et les excès de la tyrannie… « Restauré par la CIA en 1953, le Shah sera à jamais perçu par son peuple comme la marionnette des Américains — une étiquette dont il ne se défera jamais. ».. Fondée en 1957 avec l’aide technique directe de la CIA américaine et du Mossad israélien, la SAVAK, acronyme persan de Sazeman-e Ettela’at va Amniyat-e Keshvar, « Organisation de renseignement et de sécurité nationale », devient rapidement l’instrument central de la répression politique sous le règne du chah. La SAVAK n’est pas une simple police politique : c’est un État dans l’État, dont les ramifications s’étendent à l’ensemble de la société iranienne. Elle infiltre les universités, les syndicats, les mosquées, les administrations, les ambassades à l’étranger… Ce qui frappe les observateurs, c’est la coalition hétéroclite qui se dresse contre le Shah : étudiants laïcs et intellectuels de gauche, bazaris dont les intérêts économiques sont lésés par la modernisation, clergé chiite humilié par la réforme agraire, ouvriers frappés par l’inflation, jeunesse des bidonvilles déracinée par l’exode rural. Tous convergent vers un seul mot d’ordre : à bas le Shah.

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