La Russie s’oppose au rétablissement des sanctions contre l’Iran, dénonçant un acte juridique illégitime
Introduction : « Une attaque surprise contre le Conseil de sécurité de l’ONU ». Telle est l’accusation explosive lancée cette semaine par le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov. Sa cible était le secrétariat de l’ONU et les puissances occidentales, qu’il a accusées de tenter, selon la Russie, de rétablir de manière illégitime les sanctions internationales liées au nucléaire contre l’Iran. Au-delà de la rhétorique enflammée, la déclaration de Ryabkov contenait un message : la Russie, a-t-il déclaré, considère désormais comme « annulées » toutes les sanctions imposées à l’Iran par l’ONU avant 2015, qui ont été rétablies par les signataires européens de l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA) – le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne. Moscou va donc approfondir sa coopération militaro-technique avec Téhéran, selon Ryabkov.
Extrait : Il s’agit là de bien plus qu’une simple querelle diplomatique. C’est l’annonce officielle d’une fracture dans la réalité juridique internationale. Les grandes puissances mondiales opèrent désormais selon deux interprétations inconciliables du droit international. D’un côté, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne affirment que le mécanisme de rétablissement des sanctions prévu par le JCPOA a été légitimement déclenché en raison des violations présumées de l’Iran. De l’autre, l’Iran, la Russie et la Chine rejettent cette décision, la qualifiant d’acte procédural illégitime.