Pétrole : l’AIE révèle un déclin des champs pétroliers bien plus rapide que prévu
Introduction : L’Agence internationale de l’énergie n’a pas l’habitude d’ouvrir ses rapports par des avertissements philosophiques. Pourtant, la première phrase d’une étude de septembre 2025 sonne comme un coup de tonnerre : « Le débat sur le futur du pétrole et du gaz se concentre presque exclusivement sur la demande, alors même que la compréhension du déclin des champs existants n’a jamais été aussi cruciale. » Cette entrée en matière, d’apparence anodine, marque en réalité une rupture. Depuis vingt ans, le débat public s’est inscrit dans l’idée que la transition énergétique serait d’abord un choix, un modèle, une ambition. L’AIE rappelle que la transition est aussi – et peut-être d’abord – une contrainte physique. Le pétrole décline. Et il décline plus vite que prévu. Ce n’est pas un scénario : c’est un mouvement silencieux, lent, mais implacable.
Extrait : Au niveau mondial, l’AIE note que le « déclin naturel » représente une baisse de production de pétrole de 8 % par an en moyenne, soit environ 5,5 millions de barils par jour (Mb/j) chaque année. Cela équivaut à perdre chaque année davantage que la production annuelle du Brésil et de la Norvège réunis… Le seul « petit » problème est que le rythme de découvertes de pétrole sur les cinq dernières années est de 5 milliards de barils par an, comme nous l’avons relevé plus haut, soit deux fois moins qu’escompté. L’AIE indique donc, dans un phrasé technique et administratif, que le rythme actuel de production de pétrole n’est tout simplement pas tenable à moyen terme. .. On peut donc s’attendre à ce que la production pétrolière et gazière des prochaines décennies tende à se concentrer davantage entre les mains des pays de l’OPEP et de la Russie.