Est-ce encore possible d’être en bonne santé ? Manger, boire, et se soigner aujourd'hui...

Introduction : Cardiologue à l’hôpital Bichat et membre du Collectif Inter-Hôpitaux, Olivier Milleron publie Ce que les capitalistes (et leurs alliés) font à notre santé (Textuel, 2026). Il raconte comment des industries entières vivent de nous rendre malades, et pourquoi personne ne les arrête. Les réseaux sociaux sont faits pour rendre nos enfants accros, les cigarettiers vendent de la nicotine aromatisée, l’agroalimentaire a copié leurs méthodes, et Big Pharma laisse les pharmacies à sec. Les lycéens dans la rue ne s’y trompent pas : nous n’avons aucun modèle de société à leur proposer. Reste à savoir si nous allons reprendre collectivement la main… Les algorithmes poussent en plus les enfants vers les sujets qui les happent, « même si ce sujet c’est le suicide » : des entreprises dont le seul objectif est le profit ciblent nos enfants avec des produits toxiques. D’où son désaccord avec la réponse politique française, qui consiste à interdire l’accès aux plus jeunes : les adolescents contournent, et surtout on se trompe de cible. « Il faut interdire les algorithmes plutôt qu’interdire l’accès », tranche-t-il, d’autant que les patrons de la tech, très proches de l’extrême droite, ont aussi un projet idéologique… Pour les innovations, les laboratoires ne facturent plus un coût de revient mais le prix du malheur évité : si le patient n’était pas traité, il vous coûterait des millions d’hospitalisation, nous demanderons donc un peu moins. C’est, ironise le médecin, le plombier qui, au lieu de facturer pièces et main-d’œuvre, vous réclame presque le prix de la maison parce que la fuite aurait pu la faire s’écrouler. Des traitements se vendent ainsi des millions l’injection, y compris quand la découverte vient de la recherche publique ou des dons du Téléthon…

Extrait : Le problème n’est pas l’industrie en elle-même, c’est qui la contrôle : il faut imposer au privé des contrôles et des sanctions énormes, et quand il ne fait pas le travail, reprendre la main. En santé, insiste le cardiologue, la solidarité coûte moins cher et soigne mieux que la concurrence.

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