**Réduire la démocratie à l’élection est une hérésie**

Introduction : Dans l’isoloir, l’électeur a le sentiment d’être souverain. Mais ensuite, le pouvoir lui échappe. Rien n’oblige l’élu à tenir ses engagements. Comme l’a énoncé Jacques Chirac, dans une étonnante verbalisation de son inconscient, « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ». En 2002, élu grâce aux voix de gauche face à Jean-Marie Le Pen, il affirme : « Ce choix m’oblige. » Le lendemain, il forme un gouvernement de droite. Bis repetita avec Emmanuel Macron en 2022, élu face à Marine Le Pen : « Ce vote m’oblige pour les années à venir. » Il poursuit pourtant sa politique. La dette morale, impliquant de respecter les opinions des électeurs qui vous ont choisi par défaut, n’a pas été respectée…. Si l’on observe aujourd’hui certains pouvoirs oligarchiques, impérialistes ou identitaires, ceux de Trump, de Poutine ou de Netanyahou, on constate qu’ils se sont constitués par des élections au suffrage universel. Celles-ci ne sont donc en rien un rempart contre l’autoritarisme : elles peuvent même lui servir de marchepied.

Extrait : Tous ces dévoiements électoraux ont été avalisés. Car il n’existe en France ni mandat impératif, obligeant l’élu à respecter son programme, ni mandat révocatoire, permettant aux électeurs de le renvoyer.

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