Du verbe à la force : comment l’État français protège l’ordre colonial israélien à Gaza

Introduction : En février dans une tribune au Figaro, Manuel Valls déclarait : « Si Israël tombe, nous tombons. Si Israël gagne, nous gagnons ». Cette formule sans détour révèle une interdépendance stratégique et hégémonique qui lie la France à Israël. Au-delà du discours sécuritaire jouant sur la peur, cette formule révèle une homologie idéologique : la France et Israël partagent avec d’autres une grille de lecture du monde qui légitime leur impérialisme respectif. Perdre la bataille hégémonique en Palestine, c’est ouvrir un livre que la France refuse d’ouvrir, celui qui raconte ses propres entreprises coloniales. Si le colonialisme israélien est nommé, reconnu, condamné, comment éviter que l’impérialisme français, passé mais aussi présent, du Levant à la Kanaky, ne soit lui aussi remis en cause ?

Extrait : Deux dispositifs s’articulent pour y parvenir. Un discours hégémonique opérant sur deux registres : celui de la « guerre contre le terrorisme » et celui de la défense des droits humains, qui produit des condamnations symboliques sans acte, suffisantes pour maintenir une apparence de légitimité morale. Quand le consentement ne peut plus être fabriqué, la contrainte prend le relais ; des appareils juridiques et policiers répriment activement les voix contre-hégémoniques et criminalisent les opposants. Idéologie et coercition forment les deux faces d’un même maintien de l’ordre colonial.

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