Les médias dominants veulent dominer sans entraves
Introduction : Réserver une conférence de presse à des médias numériques alternatifs ? La presse traditionnelle est sous le choc et dénonce une atteinte à sa « liberté ». Davantage qu’une « simple » éruption corporatiste, les cris d’orfraie témoignent d’une résistance farouche à toute remise en cause des rapports de pouvoir (et de classe) qui structurent le champ journalistique…. En dehors de la fachosphère, LFI n’observe pas de discrimination idéologique parmi les médias numériques. Elle revendique pleinement, en revanche, la portée politique de cette initiative : une rupture avec « la presse des 9 milliardaires qui possèdent 90% [des] médias » et la légitimation d’une « alternative », pour un « autre format de relations » qui « concilierait le respect mutuel et l’interrogation sans complaisance », ainsi que le souligne un communiqué de Jean-Luc Mélenchon (X, 23/02).
Extrait : Le tableau serait incomplet sans le directeur général de RSF Thibaut Bruttin, qui déclara à l’AFP que « choisir les journalistes autorisés à couvrir un événement d’intérêt général, c’est directement porter atteinte au droit à l’information des citoyens ». On en viendrait presque à oublier que l’événement était retransmis publiquement, que tout un chacun pouvait ainsi le visionner et qu’au cours des dix jours qui ont précédé, les médias mainstream n’ont pas manqué d’occasions d’« aller à la source » et de « poser des questions » au mouvement de gauche… Du reste, le « droit à l’information » est une valeur tellement cardinale que les médias éconduits n’ont quasiment rien dit du fond de cet événement, des questions, des thématiques et des développements qui furent abordés. .. Snober la grande presse au profit des « pouilleux » du numérique ? Voilà la faute de trop. Celle qui, de fait, rend visible et met à l’épreuve les rapports de domination – et in fine, bien souvent, les rapports de classe – qui structurent le champ journalistique… et celles et ceux qui évoluent à l’intérieur. Dans un tel cadre, on ne s’étonnera pas de voir les « grands » journalistes réactiver le double procès qu’ils instruisaient en d’autres temps contre les journalistes Taha Bouhafs ou Gaspard Glanz par exemple : un procès en « incompétence » – où il sera question de « déontologie » journalistique – et un procès en « militantisme » – où il sera question d’« indépendance » journalistique.
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