« La force fondamentale du capitalisme le pousse vers le néofascisme »

Introduction : On en a d’ailleurs vu des illustrations bien avant les évènements que vous mentionnez : dans les débats autour de la taxe Zucman, on a cherché à délégitimer Gabriel Zucman, à le présenter comme un économiste d’extrême gauche, alors qu’il en est quand même très loin. Il appartient plutôt à une école qui vise à mieux gérer le capitalisme pour le sauver… Mais tout projet visant à limiter les inégalités est devenu inacceptable pour le capital, qui n’admet aujourd’hui plus qu’un seul débat : celui entre néolibéraux et capitalisme autoritaire. C’est-à-dire entre deux extrêmes d’un continuum capitaliste qui s’accorde sur l’essentiel : il faut tout faire pour soutenir l’accumulation du taux de profit pour les capitalistes.

Extrait : À partir du moment où le capital est en sous-régime, il ne peut plus se permettre de faire de concessions. Il entre en conflit avec tout, avec les besoins de service publics, avec les besoins humains, avec la nature. Il doit donc tenir la société sous cloche et devenir de plus en plus autoritaire. La force fondamentale qui pousse le capitalisme le pousse aujourd’hui vers une gestion autoritaire, violente, que j’appelle néofasciste… Aujourd’hui, le réarmement n’est pas que le fruit de tensions géopolitiques mais aussi une manière pour le capital de gonfler ses profits via cette source de production industrielle. Et évidemment, plus on produit des armes, plus on est poussé à s’en servir. Cela accompagne bien la logique de plus en plus prédatrice des capitalismes nationaux, en réponse à leur difficulté croissante à accumuler via les logiques concurrentielles de marché.

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