“Le collectif Némésis se voit comme un cheval de Troie pour le fascisme**
Introduction : Difficile de passer à côté de Némésis depuis la mort de Quentin Deranque à Lyon, le 14 février dernier. Ce collectif identitaire défendant “les femmes occidentales” a écumé les plateaux télé pour distiller sa version des faits – reprise la plupart du temps sans recul par les médias –, à savoir une agression par les antifascistes du militant d’extrême droite. Version démentie par la suite par des vidéos montrant une rixe précédant le passage à tabac de Quentin Deranque, en marge d’une action de Némésis contre la tenue d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan. Ce dimanche 22 février, L’Humanité a révélé de son côté, sur la base de messages datant de l’automne, que Némésis avait planifié avec des groupuscules d’extrême droite “de véritables traquenards visant à attirer les militants antifascistes…. Leur objectif, au départ, était de créer une contre-figure à la “féministe #MeToo” émergente, qui commençait à prendre beaucoup de place dans l’espace public. L’extrême droite a compris qu’il y avait une opportunité pour se faire une place. .. Les militantes de Némésis bénéficient aussi d’un soutien politique, à l’image de Bruno Retailleau qui, le 21 janvier dernier, les avait même félicitées pour leur combat. Pour vous, elles incarnent la banalisation de l’extrême droite ? C’est même plus que ça. Bruno Retailleau n’a pas fait que les remercier : il a inventé un dispositif policier dans les manifestations parisiennes pour forcer la venue de Némésis dans les marches féministes, et ce contre l’avis des organisations. Une méthode qui va potentiellement être généralisée à tous les mouvements sociaux… Némésis, et l’extrême droite plus généralement, posent un danger fort qui est celui d’imposer un cadre narratif sur-victimisant. C’est aussi pour cela que les militantes de Némésis s’appuient sur #MeToo, avec cette idée qu’on ne doit pas remettre en cause la parole des victimes, qu’elles détournent à leurs fins. Sauf qu’avant d’être des femmes, ce sont des fascistes. .. Sur les plateaux télé, elles se présentent comme une association de victimes et prétendent défendre toutes les victimes. On rappelle que jusqu’au bout, elles sont allées sur le plateau de Jean-Marc Morandini (définitivement condamné, le 14 janvier 2026, pour corruption sur mineurs, ndlr) et elles l’ont soutenu. Elles sont proches d’Eric Zemmour alors qu’il est accusé par huit femmes de violences sexistes et sexuelles. Donc on voit bien que c’est des blagues… Un mot sur l’écologie : ce n’est pas un sujet, pour Némésis ? Non, elles sont néolibérales, zemmouriennes. Alice Cordier dit souvent que les femmes doivent d’abord être cheffes d’entreprise pour être ensuite des mères “fortes” s’alliant à des hommes forts. La consommation et le néolibéralisme sont au cœur de leur vision économique. Elles sont à l’inverse de l’écologie.
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