**Fin de vie : pourquoi la liberté de choisir scandalise toujours autant**

Introduction : La loi française sur la fin de vie, et les faux débats qui l’accompagnent, est une nouvelle illustration de ce conflit archaïque. À chaque fois que la possibilité est ouverte de laisser à des individus le soin de disposer de leur propre corps – pour donner la vie, la refuser, la transformer, ou y mettre un terme – surgit la même litanie d’arguments, comme sortie d’un grenier idéologique poussiéreux à en crever… En réalité, cette peur obsessionnelle du précédent, du cliquet, du « et après ? » dit moins quelque chose de la fin de vie que de la difficulté à appréhender la signification et l’effet véritables du pluralisme. Elle trahit une incapacité profonde à admettre que des individus puissent faire des choix radicalement différents face à une même situation – la souffrance, la dépendance, la mort – sans que l’un invalide l’autre. Que la dignité n’est pas une norme unique, mais une affaire située, subjective, intime. Et qu’entre une liberté absente et une liberté offerte, le lien de causalité est autrement plus solide chez ceux que l’absence entrave que chez ceux que la possibilité astreint.

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