L’Espagne déraille, le Royaume-Uni renationalise… et la France libéralise le rail

Introduction : Quatre ans après l’ouverture du train à la concurrence, l’Espagne a été le théâtre de trois accidents graves de trains en l’espace de trois jours. Les opérateurs de train ont alors refusé de circuler sur un réseau fortement dégradé avant d’annoncer une grève de trois jours en revendiquant « le rétablissement des normes de sécurité du système ». Un an auparavant, la directrice de RENFE (la SNCF espagnole) était auditionnée par le Sénat français dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de passagers en France. Elle se plaignait de tarifs de péage exorbitants pour l’utilisation du réseau français, péages qui participent pourtant au financement de l’entretien et l’investissement dans les infrastructures ferroviaires. Elle invoquait le cas de l’Espagne où « les concurrents comme Ouigo ou Trenitalia paient des péages pour l’utilisation [des voies], mais pas pour l’investissement ». On voit bien le résultat… et la France suit désormais le même chemin.

Extrait : Autrement dit, pour se soumettre aux directives européennes et donc à la loi du marché libre et non faussé, on fausse le marché en subventionnant avec de l’argent public l’installation d’entreprises concurrentes à nos entreprises publiques… En d’autres termes, le modèle économique des concurrents au service public ferroviaire consiste à faire payer l’entretien des voies à l’État (soit le contribuable), afin qu’ils exploitent des voies ferrées en bon état sans participer à leur entretien. Les ardents défenseurs de la libéralisation et du marché libre sont prompts à convoquer l’État pour financer leur activité – le fameux « privatisation des gains et mutualisation des pertes » propre au soi-disant marché libre et non faussé.

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