Les mesures de l'ennemi
Introduction : Il y a un truc qu’on répète souvent à gauche, c’est de ne pas adopter le langage de l’ennemi : ce qu’on veut dire par là, c’est que les éléments de langage omniprésents dans les médias dominants, derrière une apparence de neutralité, renforcent par essence une idéologie de droite – capitaliste, néolibérale et même à tendance fascisante ces dernières années. L’exemple type, ce sont les « baisses de charges », dont les aspects bénéfiques et « de bons sens » disparaissent dès lors qu’on les désigne comme « baisses de cotisations sociales », voire « baisses de salaire »… ce qu’elles sont, au passage. Du salaire indirect, mais du salaire tout de même, avec des effets très concrets sur notre niveau de vie1. Il ne faut pas chercher bien longtemps pour trouver tout un tas de mots qui ont l’air neutres mais imposent également la même vision de la société : « salarié / salariée » au lieu de « travailleur / travailleuse », nous représentant comme des coûts pour une entreprise (qui verse le salaire dans sa grande mansuétude) en effaçant le fait que nous produisions la richesse ; le fameux « vidéoprotection » au lieu de « vidéosurveillance », masquant l’instauration bien réelle d’une société de surveillance et, au passage, le fait qu’une caméra n’a aucun moyen de vous protéger (à moins de l’utiliser comme un objet contondant).