Chine, États-Unis : la lutte finale pour le contrôle du capitalisme mondial

Introduction : Benjamin Bürbaumer est économiste, maître de conférences à Sciences Po Bordeaux et auteur de Chine/États-Unis, le capitalisme contre la mondialisation (La Découverte, 2026). La rivalité entre les deux premières puissances du monde « n’est pas une histoire de Trump ou de Xi Jinping », elle naît dans les États-Unis des années 1970, quand le capital américain, étranglé par la baisse de ses profits, invente la mondialisation pour se refaire une santé. La Chine s’y est insérée en position subordonnée, puis, devenue capitaliste, s’est trouvée contrainte de miner le processus même qui avait permis son essor. Pendant ce temps, les Européens marchent comme des somnambules. out commence par une crise de suraccumulation. Dans les États-Unis des années 1970, les investissements du passé ne rapportent plus assez et le taux de profit baisse. Or l’État moderne, rappelle Benjamin Bürbaumer, dépend structurellement du capital : il vit de l’impôt et de l’emprunt, qui supposent une économie qui tourne. Washington était donc tout disposé à écouter la fraction transnationale du capital américain, celle qui réalise l’essentiel de ses profits à l’étranger et qui voyait dans un marché mondial une immense occasion de profits sur le dos du reste du monde. Son projet, c’est la mondialisation, donc la dérégulation des capitaux, le libre-échange, le démantèlement du droit du travail, et les privatisations.

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