Diego Garcia, l’île arrachée à ses habitants
Introduction : Le but est limpide : conserver une emprise stratégique et la louer à l’allié américain, qui cherche alors une base au cœur de l’océan Indien. Restait un obstacle : les habitants. Entre 1968 et 1973, Londres a tout simplement déporté l’ensemble de la population chagossienne — un à deux milliers de personnes installées là depuis des générations — vers Maurice et les Seychelles, à des milliers de kilomètres. On a abattu leurs animaux domestiques, on les a entassés sur des bateaux, on les a abandonnés sur des quais étrangers, sans ressources ni perspective de retour. Le territoire a été vidé de ses habitants pour qu’aucune revendication humaine ne vienne troubler la quiétude de la base. Pendant un demi-siècle, les Chagossiens ont mené un combat juridique acharné pour obtenir le droit de rentrer chez eux. En vain.
Extrait : Aucune autre installation occidentale n’offre une telle portée dans cette région. Dans la rivalité qui oppose désormais l’Occident à la Chine, et tandis que Pékin tisse son « collier de perles » de ports et de points d’appui de Djibouti au Pakistan, Diego Garcia demeure l’atout maître de Washington dans l’océan Indien. C’est précisément cette valeur stratégique qui a longtemps servi à justifier l’injustifiable : le maintien de l’expulsion des Chagossiens au nom des impératifs de la sécurité occidentale.
https://www.revueconflits.com/diego-garcia-lile-arrachee-a-ses-habitants/