La doctrine Donroe : faire de l’Amérique latine un paradis pour les investisseurs
Introduction : L’administration Trump contraint les gouvernements d’Amérique latine à se soumettre à des tribunaux d’arbitrage qui accordent aux multinationales le pouvoir extraordinaire de poursuivre en justice les États qui nationalisent des ressources ou même simplement augmentent le salaire minimum, si cela est perçu comme une menace pour les profits des investisseurs… En acceptant de régler les litiges commerciaux devant des tribunaux extraterritoriaux, le pouvoir législatif vénézuélien, sous la présidence de Delcy Rodríguez, a accepté de renoncer à un pilier essentiel de son autorité. Dans le cadre d’un système de type ISDS [Norme internationale visant à normaliser la description des fonctions dans tous les domaines, NdT], les multinationales des secteurs de l’énergie et des mines se verraient accorder le pouvoir extraordinaire de poursuivre l’État vénézuélien en cas d’adoption de mesures telles que la protection de l’environnement ou l’augmentation du salaire minimum, qui pourraient être perçues comme une menace pour les « bénéfices futurs escomptés ». Il s’agit d’outils à la fois procéduraux et politiques, largement encouragés par les banques de développement et le gouvernement américain, qui visent à décourager la formation d’États socialistes et à favoriser la formation d’États « à moindre risque »…. L’extension de l’arbitrage de type ISDS ne se limite pas à garantir des contrats avantageux pour les capitaux des secteurs de l’énergie et des mines. Elle sape également la solidarité au sein de la Communauté andine, assurant ainsi que les Andes continuent de jouer un rôle subalterne dans la chaîne de valeur mondiale et « mettant hors-la-loi » à la fois la nationalisation des ressources et l’industrialisation à forte valeur ajoutée.