Le classement RSF face aux angles morts du monde non occidental
Introduction : Depuis vingt-cinq ans, le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières s’est imposé comme l’un des principaux baromètres internationaux. Son constat pour 2026 est alarmant : jamais la situation mondiale n’avait atteint un niveau aussi bas depuis la création de l’index en 2002. Reconnaître le rôle indispensable de RSF comme vigie internationale n’interdit pas d’interroger sa méthode, ses catégories et ses présupposés : car un classement peut porter, parfois malgré lui, une vision particulière, souvent occidentale. Un classement crédible devrait intégrer davantage d’indicateurs locaux. Sans cela, RSF reste utile pour alerter, mais insuffisant pour comprendre — et risque de transformer un outil de défense du journalisme en instrument de classement moral du monde… Ce modèle correspond à une histoire occidentale particulière. Il ne permet pas toujours de comprendre les équilibres de pays où les médias remplissent aussi une fonction de stabilité, de cohésion nationale ou de médiation sociale. Cette grille produit mécaniquement une hiérarchie morale : les pays du Nord en haut, une grande partie de l’Afrique et du Moyen-Orient en bas.
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