Une décharge nucléaire géante se fissure au milieu du Pacifique : 120 000 tonnes de déchets radioactifs à découvert
Introduction : En 1958, l’armée américaine procède à un essai nucléaire sur l’atoll d’Enewetak, dans les îles Marshall (Océanie). Le cratère laissé par l’explosion ne fut pas rebouché immédiatement ; entre 1977 et 1980, dans le cadre d’une opération de nettoyage menée à la hâte et au rabais, l’armée américaine y déversa les sols contaminés, et les débris irradiés issus de soixante-sept essais nucléaires conduits sur l’atoll depuis 1946. Certains furent parmi les plus puissants jamais réalisés par Washington durant la Guerre froide, dont un dépassant environ 1 000 fois l’intensité de la bombe larguée sur Hiroshima (opération Castle Bravo)… Mais en aucun cas il ne doit nous faire oublier que les États-Unis ont souillé l’atoll d’Enewetak : les retombées radioactives ont contaminé des populations entières, qui ont été contraintes de quitter leurs îles, devenues inhabitables pour des siècles. Les Marshallais n’ont pas eu voix au chapitre en 1946 quand les bombes sont tombées à leur porte pendant dix ans, et ils n’en ont guère plus aujourd’hui quand il s’agit de décider du seuil de radiation considéré comme « acceptable ». Une grande puissance qui s’auto-évalue, est, par définition, une grande puissance qui se donne toujours raison : une tradition très américaine.