« Les guerres du Moyen-Orient n’ont cessé d’être des guerres de pétrole et d’empire »

Introduction : Bien sûr, le fait qu’il s’agisse de pétrole ne concerne pas seulement – ni même principalement pour Washington – l’accès des États-Unis au pétrole irakien ou du Golfe. Ce qui est en jeu, c’est le contrôle de l’énorme volume d’argent du pétrole détenu par les États du Golfe (leurs fonds souverains possèdent plus de 3 000 milliards de dollars d’actifs, soit près de 40 % du total mondial détenu par ce type de fonds) et le bénéfice à tirer de leur pouvoir d’achat considérable, notamment pour financer le complexe militaro-industriel américain. Il s’agit aussi de contrôler l’accès des autres États aux hydrocarbures du Golfe. Comme l’a justement écrit David Harvey, « quiconque contrôle le Moyen-Orient contrôle le robinet du pétrole mondial et quiconque contrôle le robinet du pétrole mondial peut contrôler l’économie mondiale, du moins pour un avenir proche »… Ce que ces commentaires ont complètement perdu de vue, c’est que contrôler le « robinet du pétrole » du Golfe est crucial pour la stratégie des États-Unis envers la Chine, dont près de la moitié des importations de pétrole proviennent du Golfe. Les coentreprises en cours entre les grandes compagnies américaines de l’IA (intelligence artificielle) et les États arabes du Golfe – conduisant à la construction de centres de données très énergivores, de façon à tirer parti de l’abondance d’argent et d’énergie bon marché dont disposent ces États – ajoutent un élément majeur à l’importance globale de la région pour les États-Unis.

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