Trump II et la normalisation de la prédation extractiviste
Introduction : Dans cette perspective, le négationnisme climatique de l’administration Trump ne relève ni de l’aveuglement idéologique, ni de la simple provocation. Il s’inscrit dans un projet structuré : celui d’un extractivisme expansif revendiqué, qui articule étroitement politique intérieure et projection de puissance, diplomatie coercitive et sécurisation – sinon militarisation – des approvisionnements stratégiques, logique néocoloniale et prédation écologique. L’effacement de l’enjeu climatique n’est pas une omission : il est la condition même d’un impérialisme territorialisé renouvelé, dans lequel l’État ne se contente plus d’arbitrer les flux du capital et du commerce, mais intervient directement pour redessiner les frontières de sa domination et relancer, sous des formes contemporaines, les logiques d’accumulation primitive propres à l’extractivisme (Madriz, 2025).
Extrait : Loin donc de se cantonner au territoire étasunien, l’extractivisme trumpien entend s’exporter et imposer sa logique de prédation aux échelles régionale et mondiale. Chaque relation bilatérale – diplomatique, financière ou sécuritaire –prend la forme d’une transaction agressive conditionnée à l’accès aux ressources naturelles. Droits de douane punitifs, sanctions économiques, accords asymétriques, chantage à l’aide : l’arsenal déployé par l’administration Trump s’inscrit dans une véritable économie politique de la contrainte, où puissance et prédation se confondent pour remodeler les rapports de force mondiaux… Il ne s’agit pas de partenariats fondés sur le développement ou le partage des bénéfices, mais d’un véritable dispositif de domination au travers d’accords inégaux qui bloquent toute montée en gamme industrielle, toute politique ambitieuse de contenu local et toute souveraineté réelle sur les ressources[4]. Dans ces cas précis, le pouvoir ne s’exerce plus par l’occupation territoriale directe, mais par la maîtrise des flux – minerais, capitaux, technologies, devises. À bien des égards, cet impérialisme contemporain n’a plus besoin d’invasion : il lui suffit de contrôler l’accès aux marchés, aux financements et aux infrastructures stratégiques (Ibid.).
https://www.contretemps.eu/trump-normalisation-predation-extractiviste/