Comment l'industrie pétrolière a menti sur le recyclage pour continuer à produire du plastique
Introduction : Pour comprendre comment on en est arrivé là, Beth Gardiner remonte au XIXᵉ siècle, quand les premiers plastiques étaient présentés comme un progrès écologique –moins d’ivoire, moins de bois rares– puis au moment où les sous‑produits du raffinage deviennent la matière première d’une économie de l’usage unique. «Le plastique est tiré par l’offre plutôt que par la demande», explique‑t‑elle. Les entreprises ont séduit le public avec la promesse de la commodité et du jetable. De la bouteille au briquet, de la couche au gobelet, l’objet réutilisable bascule dans le tout‑usage unique, parce que «la jetabilité, c’est plus de profit». Chaque fois que le public prend conscience des dégâts –panique sur les décharges dans les années 1970‑1980, images de tortues étranglées et de mer polluées– l’industrie déploie une panoplie bien rodée pour désamorcer la crise. Elle finance des campagnes qui transforment un problème de surproduction en problème de «pollution», de déchets mal jetés, rejetant la faute sur l’utilisateur.