« Aux Etats-Unis, le nationalisme chrétien participe au démantèlement de la démocratie »
Introduction : L’universitaire Julie Ingersoll montre, dans une tribune au « Monde », combien les trois courants constituant le nationalisme chrétien se sont éloignés des idéaux imprégnant les Etats-Unis des origines, notamment en défendant l’idée d’une société théocratique gouvernée par ceux que Dieu a choisis…. Bien que fort différents à maints égards, parfois même incompatibles, les évangéliques dominionistes [du latin dominium, domination, souveraineté], les pentecôtistes de la Nouvelle Réforme apostolique − ce mouvement théologique suprémaciste qui a émergé dans les années 1990 − et les catholiques intégralistes se sont rassemblés pour former le mouvement « nationaliste chrétien ». S’ils puisaient à l’origine tous dans la démocratie et l’égalitarisme, ils partagent aujourd’hui cette conviction commune : l’égalité sociale n’a pas été voulue par Dieu