Au Venezuela comme ailleurs, les États-Unis ont échoué à imposer des transitions politiques durables par la force

Introduction : Rien dans les actions ouvertement illégales de Donald Trump à l’encontre du président vénézuélien Nicolás Maduro n’indique que la classe dirigeante américaine a tiré les leçons de l’expansionnisme impérialiste et des échecs des États-Unis en Afghanistan, en Irak ou au Venezuela même… Depuis longtemps, Trump utilise les déclarations comme moyen de pression, agissant comme si le simple fait de s’affirmer avec force pouvait faire plier les États, les marchés et les sociétés à sa volonté. Mais les gouvernements étrangers – en particulier ceux qui s’appuient sur des mouvements politiques populaires et des projets nationalistes forgés dans le conflit avec la puissance américaine – ne s’effondrent pas simplement parce qu’un président américain en décide ainsi… Ces agissements ne sont pas ceux d’un stratège impérial compétent. Elles sont le reflet du vrai Trump : sûr de lui, mais dénué de compétences. C’est une leçon que Juan Guaidó a apprise à ses dépens lorsque, assuré par les responsables américains qu’il bénéficierait rapidement du soutien de l’armée vénézuélienne, il s’est posté devant la base militaire de La Carlota dans l’attente d’un coup d’État qui n’est jamais venu… Peut-être que cette opération visait à détourner l’attention des deux menaces qui continuent de le hanter : Jeffrey Epstein et l’économie. Peut-être a-t-elle été encouragée par Marco Rubio, désireux de remporter une victoire en matière de changement de régime pendant son mandat au département d’État. Ou peut-être que Trump voulait simplement vivre son propre moment « Bin Laden », refusant de laisser Obama conserver cette place unique dans l’histoire. Peut-être s’agit-il d’une combinaison des trois.

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