Introduction : Cette séquence, au-delà de nous plonger dans la sidération et de faire voler en éclat le droit international, atteste que nous changeons d’époque. L’impérialisme carbofasciste impose son tempo, au détriment des populations et des écosystèmes. Nous plongeons, à l’heure du désastre climatique, dans une géopolitique du Far West et du pillage, où le capital prospère sous haute protection militaire et où l’accaparement des dernières ressources exploitables et disponibles se fait au bruit des canons…. L’historien Jean-Baptiste Fressoz évoque lui « la montée du “carbofascisme” » : « Le carbofascisme ne se contente pas de nier la crise climatique, il l’accélère au nom du profit, du pouvoir et de la survie d’une population précise (qui s’identifie comme blanche et revendique son statut de dominant) », analyse-t-il. C’est une forme d’autoritarisme qui refuse la transition écologique au nom d’un ordre social raciste, fondé sur l’exploitation intensive des ressources naturelles et humaines. L’opération impérialiste de Trump au Venezuela s’inscrit pleinement dans cette logique. L’exploitation du pétrole au Venezuela est un refus assumé de la transition énergétique et un écocide. Son dernier discours viril et belliqueux est aussi l’illustration du « pétromasculisme » défini par la chercheuse Cara Daggett. Le pétrole est un style de vie, dit-elle, qui structure nos sociétés patriarcales. Et le fantasme de Trump sur les énergies fossiles est un miroir de son hubris, le pétrole est un outil grâce auquel s’exprime cette identité masculine moderne et misogyne, fascisante et guerrière, explique-t-elle.

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